Le meilleur du musée Volvo : 7 voitures qui ont prouvé que la marque était bien plus que de la sécurité

Le musée Volvo de Göteborg a disparu. C’est fermé pour de bon.

Mais avant que les expositions ne se remplissent et ne soient transférées sur le nouveau site World of Volvo, elles offraient un aperçu étonnamment amusant d’une marque qui n’était pas seulement une question de sécurité. Tout le monde sait que Volvo fabrique des chars. Ou, plus poliment, des véhicules qui privilégient la survie. Mais l’ancien musée a prouvé que les décideurs ont également injecté de la créativité, du luxe et de véritables performances dans leur programmation. Sans perdre leur âme.

Il s’avère que ces voitures sont superbes.

Voici ce qui reste de cette histoire, distillée à partir des joyaux qui remplissaient les salles de Göteborg.

ÖV 4 : La voiture qui s’est cassée dès le premier jour

Le premier véhicule produit en série de Volvo est entré sur la chaîne de montage le 14 avril 1927. C’était censé être un tour de victoire.

Hilmer Johansson, le directeur des ventes, s’est assis dans la voiture numéro un pour la faire sortir de la ligne devant les caméras. Il a mis les gaz. La voiture n’a fait que reculer.

Pourquoi? Le différentiel de l’essieu arrière a été installé à l’envers. Le chef d’atelier Johan Fingal n’a pas paniqué. Il l’a réparé en dix minutes. La célébration s’est poursuivie.

Entre 1927 et 18929, Volvo a construit 204 de ces ÖV 4. Très peu survivent aujourd’hui. Mais ils prouvent les racines concrètes de la marque.

PV 36 (1935) : Trop en avance sur son temps

Le PV 36 est arrivé en 1935 et ne ressemblait en rien à Volvo.

C’était aérodynamique. Les phares affleuraient à l’intérieur de la carrosserie. Les roues arrière étaient entièrement couvertes par des ailes. Cela ressemblait à un vaisseau spatial comparé aux alternatives carrées de l’époque.

Les gens détestaient ça. Ou du moins, ils l’ont trouvé trop futuriste pour l’accepter. La voiture, surnommée la Carioca, était lourde. Il manquait de puissance. C’était cher.

La production s’est arrêtée après environ 500 unités sur trois ans. Ce fut un échec commercial, mais un triomphe dans le langage du design.

PV 444 (1944/1947) : Le modèle qui a sauvé Volvo en Amérique

Le PV 444 a changé la donne. Per-Åke Fröberg, responsable du patrimoine chez Volvo, a déclaré à Autocar que le design était prêt en 1944. Mais la Seconde Guerre mondiale a provoqué une pénurie de main-d’œuvre. La production n’a commencé qu’en 1948.

À cette époque, l’entreprise avait plus de 10 000 commandes en attente dans le monde.

Cette voiture évoluera plus tard vers la PV 544, qui deviendra massive aux États-Unis. Lorsque Volvo a officiellement lancé ses ventes aux États-Unis en 1955, il lui fallait une victoire. Le PV 544 livré. Deux ans plus tard, elle était la deuxième voiture européenne la plus vendue en Californie, derrière la Volkswagen Beetle.

Cela a permis à Volvo de se faire connaître là où cela comptait.

PV 61 (1948) : Le cabriolet Jet-Set

Volvo ne vendait pas seulement des berlines. Pendant un certain temps, ils vendaient des châssis nus.

La plupart sont devenus des camionnettes. Ou des camionnettes de livraison. Ou des ambulances. Des chevaux de trait ennuyeux et utiles.

Mais une petite poignée d’entre eux ont bénéficié d’un traitement différent. Ceux-ci étaient destinés à la jet-set suédoise en quête de quelque chose d’exotique. Un exemple, un châssis PV 61, a été transformé en roadster par le carrossier Nordbergs, basé à Stockholm. Volvo l’a ensuite entièrement restauré.

C’est la preuve que même dans les années d’après-guerre, il y avait de la place pour le style.

Philip (1953) : Quand Volvo regardait Détroit

Des décennies avant que le « design scandinave » ne devienne une étiquette marketing mondiale, les designers de Volvo se tournaient vers le sud. Outre-Atlantique.

Le prototype Philip de 1953 ressemblait à une voiture américaine.

Gros pare-chocs chromés à l’avant et à l’arrière. Dimensions généreuses et larges. Ce n’était pas l’élégance discrète à laquelle nous nous attendons aujourd’hui. C’était audacieux. C’était d’inspiration américaine.

Cela montre que Volvo n’a pas toujours respecté ses propres règles. Ils ont regardé, appris et adaptés.

Les plats à emporter

Le musée physique a disparu. Le bâtiment en brique et mortier de Göteborg est vide.

Mais l’histoire demeure.

Volvo n’a pas commencé comme une entreprise axée sur la sécurité. Ils ont commencé comme constructeurs automobiles. Ils ont commis des erreurs. L’ÖV 4 a fait marche arrière. Le PV 36 était trop bizarre. Mais ils ont également fabriqué la PV 444, la voiture qui a percé le lucratif marché américain.

Ils ont équilibré la sécurité avec le style. Pas parfaitement. Jamais parfaitement. Mais assez bien.

Si vous participez à la nouvelle expérience World of Volvo, vous verrez les machines. Vous ne verrez pas les anciens murs du musée. Mais la leçon est la même : Volvo fabriquait des voitures que les gens voulaient conduire. Même s’ils devaient d’abord réparer la marche arrière.

Et honnêtement, c’est la partie qui semble la plus humaine.