Home Automobile Réparation et entretien Moteurs intégrés aux roues : la fin du compartiment moteur ?

Moteurs intégrés aux roues : la fin du compartiment moteur ?

Vous ne pensez pas à vos pneus à moins qu’ils ne soient à plat. C’est un bon point. S’ils roulent, vous roulez. Vous vérifiez la pression. Vous regardez peut-être la profondeur de la bande de roulement. C’est généralement l’étendue de la relation. Le coût et la longévité sont les seules mesures qui comptent lorsque vous êtes dans l’allée.

Mais depuis plus de dix ans, les ingénieurs et les géants du pneumatique tentent de briser cet état d’esprit. Ils n’améliorent pas seulement le caoutchouc. Ils font bouger le cerveau. Et les muscles.

Entrez le moteur dans la roue.

Ce n’est pas un concept nouveau en théorie. C’est juste difficile à réaliser à l’entraînement. Des entreprises comme Michelin envisagent un avenir dans lequel la roue fera plus de travail que jamais. Ils veulent absorber l’intégralité du groupe motopropulseur du véhicule dans la jante elle-même.

L’anatomie d’un moteur intégré à la roue

La logique est brutalement simple. Retirez le moteur à combustion interne. C’est lourd, inefficace et prend de la place. Remplacez-le par au moins deux moteurs électriques. Un pour chaque roue arrière. Peut-être quatre.

Ce ne sont pas seulement des arbres de transmission. Ce sont des unités autonomes.

À l’intérieur de ce moyeu se trouve le système de freinage. Il détient la puissance délivrée. Elle remplace la transmission. L’embrayage. Les liens de suspension. Même une partie de la géométrie de la direction. Tout cela se déplace vers l’intérieur. Dans la roue.

Cela déplace le poids non suspendu. Un cauchemar pour les ingénieurs. Mais il offre des avantages que les mises en page traditionnelles ne peuvent égaler.

Pourquoi les moteurs intégrés aux roues sont importants

Vous vous demandez peut-être pourquoi nous n’avons pas déjà vu cela partout. La réponse réside dans la gestion thermique et la durabilité.

Un moteur électrique génère de la chaleur. Beaucoup. Mettez ce moteur à l’intérieur d’une roue, entouré d’un pneu qui chauffe également, et vous avez un problème de cuisson.

Les moteurs traditionnels se trouvent dans le compartiment moteur ou sous le plancher. Ils disposent de systèmes de refroidissement conçus à cet effet. Une roue tourne à 1 000 tr/min. Le flux d’air est incohérent. La saleté pénètre. L’eau pénètre.

Le défi ne consiste donc pas seulement à construire un moteur. Il s’agit d’en construire un qui survit aux éléments tout en délivrant du couple.

“Le principe de base d’un véhicule équipé de moteurs électriques intégrés aux roues est simple. Le moteur à combustion interne… n’est tout simplement pas nécessaire.”

Ce changement change notre façon de penser la dynamique des véhicules. Sans différentiel central, la vectorisation du couple devient instantanée. Chaque roue reçoit exactement ce dont elle a besoin, quand elle en a besoin. Aucun décalage mécanique. Aucune perte de liquide.

Mais est-ce que ça roule mieux ? C’est la question à un million de dollars.

Les compromis

Le poids non suspendu est l’ennemi de la maniabilité. Lorsque vous placez des composants lourds dans la roue, la suspension doit travailler plus fort. Cela affecte la qualité de conduite. Cela affecte l’usure des pneus.

Les fabricants peaufinent leurs conceptions pour atténuer ce problème. Utiliser des matériaux plus légers. De meilleurs roulements. Unités scellées pour empêcher les débris d’entrer.

Les mesures de performance sont toujours en cours de test. Efficacité? Cela varie. Certains prototypes montrent des gains. D’autres montrent des pertes dues à la consommation d’énergie des systèmes de gestion de la chaleur.

Nous avons affaire à une technologie qui promet une révolution. Mais les révolutions sont compliquées.

Le compromis en vaut-il la peine ? Pour l’instant, le jury n’est toujours pas élu.

Efficacité du moteur dans la roue

Installer des moteurs électriques dans les passages de roues n’est pas un projet de bricolage. C’est un cauchemar d’ingénierie qui nécessite de repenser la géométrie de la suspension, la gestion thermique et le poids non suspendu. Vous ne vous contentez pas d’arracher un V8 et d’y insérer un moteur. L’objectif n’est pas seulement la propulsion ; c’est l’intégration.

Protean Electric l’a compris. En 2008, ils se sont présentés au SEMA avec un Ford F-150 qui avait perdu son cœur et en a gagné quatre. Le V8 standard avait disparu. A sa place : quatre moteurs électriques intégrés aux roues. Chaque unité développait plus de 100 ch. Quatre d’entre eux ? Cela fait 400 ch au total. Le camion de stock ne pouvait pas rêver d’un tel couple.

Le matériel était étonnamment léger. Chaque moteur ne pesait que 68 livres (31 kilogrammes). Pas mal pour autant de puissance. Ils tiraient leur énergie d’une batterie lithium-ion de 42 kWh. Gamme réelle ? Environ 100 miles (161 kilomètres) avant de devoir vous brancher.

Pourquoi s’arrêter à quatre heures ? Vous n’êtes pas obligé. L’architecture évolue. La plupart des voitures particulières n’ont besoin que de deux moteurs. Propulsion arrière, traction avant, peu importe. Mais si vous construisez un tout-terrain ou une arme de piste, vous avez besoin d’adhérence. Vous avez besoin de moteurs électriques intégrés aux quatre coins pour que la transmission intégrale (AWD) fonctionne efficacement.

Michelin a poussé ce concept plus loin avec son système Active Wheel. Il ne s’agit pas seulement de faire tourner la roue. Il s’agit de le contrôler.

Comment fonctionnent réellement les roues actives

La Michelin Active Wheel n’est pas un moteur boulonné sur un moyeu. C’est c’est le hub. Le moteur électrique est intégré directement au centre de la roue. Cela élimine le besoin d’essieux, de différentiels et de demi-arbres. C’est le poids de la masse non suspendue. C’est une manipulation qui ne donne pas l’impression de traîner une chaîne.

Le système utilise un moteur synchrone à aimant permanent. C’est compact. C’est efficace. Et cela permet une vectorisation indépendante du couple. Chaque roue peut tourner à des vitesses différentes, appliquer différentes quantités de couple et même régénérer de l’énergie de manière indépendante.

Voici le truc : Michelin a intégré l’étrier de frein dans le même ensemble. Le moteur électrique gère l’accélération et le freinage par récupération. Les plaquettes de frein physiques gèrent les arrêts lorsque vous vous arrêtez à basse vitesse ou lorsque la régénération atteint son maximum. Il s’agit d’un système de freinage et de propulsion unifié.

Les compromis

Ce n’est pas magique. Il y a des coûts.

Premièrement, le poids non suspendu. Même si le moteur est léger, il est toujours fixé à la roue. Cela nuit à la qualité de conduite. La suspension doit travailler plus fort pour maintenir le pneu au sol malgré les bosses. Michelin a résolu ce problème avec des algorithmes d’amortissement avancés, mais la physique reste la physique.

Deuxièmement, la chaleur. Les moteurs chauffent. Les roues tournent vite. Évacuer cette chaleur de la zone de contact du pneu sans faire fondre le caoutchouc est un défi. Michelin utilise des canaux de refroidissement liquide directement dans la roue. C’est complexe. C’est cher. Ça marche.

Troisièmement, la réparabilité. Si vous crevez un pneu, vous ne pouvez pas simplement le changer. Vous avez affaire à des connexions haute tension, des conduites de refroidissement et des supports structurels. Un appartement devient un centre de services événementiel.

Pourquoi c’est important maintenant

Nous voyons cette technologie

La plupart des fabricants traitent ces systèmes différemment sous le capot, mais l’anatomie centrale reste cohérente. Regardez la roue active de Michelin comme référence. En surface, ce n’est qu’une roue. Vous ne sauriez pas qu’il cache un moteur électrique à moins de regarder de plus près.

Enlevez le volant. Soudain, tout change.

Ce faible encombrement contient les freins, une configuration de suspension active et l’unité d’entraînement elle-même. La suspension n’est pas passive. Il réagit en 0,003 seconde. Le tangage et le roulis sont corrigés avant même que vous les ressentiez. C’est électrique. C’est rapide. C’est précis.

Comment les moteurs intégrés aux roues économisent de l’énergie

Le freinage régénératif est standard dans certaines conceptions. Le système capte l’énergie cinétique pendant la décélération. Il renvoie cette énergie à la batterie. Ce n’est pas une nouvelle technologie. La Prius de Toyota l’utilise. La Tesla Roadster l’avait. L’objectif est simple : étendre la portée.

Mais la véritable histoire est l’efficacité.

La puissance passe directement du moteur à la roue. Pas de transmission. Pas de demi-arbres. Pas de différentiels. La distance parcourue par l’énergie tombe presque à zéro. L’efficacité saute.

Comparez cela à la conduite en ville avec un moteur à combustion interne. Vous envisagez une efficacité d’environ 20 pour cent. La majeure partie de cette énergie combustible disparaît sous forme de chaleur ou de friction mécanique. Un moteur électrique intégré dans les roues atteint un rendement d’environ 90 % dans le même trafic avec arrêts et départs.

C’est un énorme écart.

Alors, comment parvient-il à conserver sa puissance malgré ce gain d’efficacité ? La réponse réside dans la réduction des pertes mécaniques. Chaque composant entre la source d’énergie et la route sape l’énergie. En éliminant cette chaîne, davantage d’énergie atteint la chaussée.

“Un moteur électrique intégré dans la roue dans le même environnement fonctionnerait avec un rendement d’environ 90 pour cent.”

Il ne s’agit pas seulement d’économiser du gaz. Il s’agit de récupérer un potentiel gaspillé. Le moteur n’entraîne pas seulement la roue. Il gère toute l’interface entre la voiture et la route.

La suspension gère les charges verticales. Le moteur gère le couple. Les freins gèrent la force d’arrêt. Le tout dans une unité compacte.

Cela semble parfait sur le papier. Mais il y a des compromis à faire. La masse non suspendue augmente. La roue doit travailler plus fort. La dissipation de la chaleur devient un défi. Nous reviendrons sur ces problèmes ensuite.

Comment les moteurs intégrés aux roues fournissent un couple instantané sans décalage mécanique

Vous pourriez craindre que le fait de confier de lourdes tâches mécaniques au moyeu de roue sacrifie quelque chose de fondamental : le punch auquel vous vous attendez lorsque vous appuyez sur l’accélérateur. Mais les moteurs électriques ne fournissent pas seulement de l’énergie. Ils fournissent du couple. Et ils le fournissent immédiatement.

Dans une transmission traditionnelle, vous perdez de l’énergie à travers les engrenages, les différentiels et les essieux. Les moteurs intégrés aux roues contournent cette perte. La force va directement du stator à la jante. Il n’y a pas de transfert intermédiaire. Chaque roue dispose également de son propre réseau de capteurs. Ces capteurs lisent les données de traction et de charge en temps réel. Ils indiquent au moteur exactement le couple nécessaire à cette milliseconde spécifique.

Les temps de réponse sont plus rapides que tout ce que vous trouverez dans une voiture électrique de production actuelle. Pourquoi? Parce que les systèmes actuels reposent sur des voies de communication électriques complexes et des liaisons mécaniques qui ajoutent de la latence. Les configurations intégrées aux roues réduisent les intermédiaires.

Technologie By-Wire et mort de la transmission

Lorsque vous logez le moteur, les freins et les actionneurs de direction à l’intérieur du volant, le centre de la voiture devient un espace vide. C’est dans ce vide que la magie du design opère. Le moteur disparaît. La transmission aussi. L’embrayage ? Disparu. Même certaines parties de la suspension peuvent être intégrées à l’amortissement actif de la roue elle-même.

Ce passage du contrôle mécanique au contrôle électrique est ce que les ingénieurs appellent la technologie by-wire. Drive-by-wire. Freinage par fil. Pilotage électrique.

La suppression du moteur à combustion interne et de son matériel associé permet des améliorations structurelles radicales. Vous ne déplacez pas seulement des pièces. Vous repensez toute l’architecture du châssis. Le concept-car Venturi Volage a testé cette approche. Le constructeur automobile monégasque a utilisé des moteurs dans les roues pour créer une plate-forme qui n’avait pas besoin d’un tunnel de groupe motopropulseur central. C’était plus propre. Plus léger. Plus souple.

L’écart de fiabilité dans les systèmes de moteurs intégrés aux roues

Plusieurs constructeurs automobiles ont joué avec ce concept. Michelin a poussé fort avec son programme Active Wheel. Hi-Pa Drive s’est concentré sur les applications hautes performances. Mais il y a un piège.

Nous ne disposons toujours pas de données d’utilisation généralisées. Des questions de durabilité demeurent. Que se passe-t-il lorsqu’un moteur à l’intérieur d’une roue est exposé à l’eau, au sel et aux débris de la route pendant dix ans ? Peut-il gérer la chaleur générée lors de situations de charge élevée et soutenues ? Peut-il survivre à un impact de nid-de-poule qui briserait un essieu traditionnel ?

La sécurité est un autre obstacle. Si un frein mécanique tombe en panne, vous disposez d’une redondance. Si l’unité de commande électronique d’un moteur intégré tombe en panne, vous comptez entièrement sur la redondance logicielle et les systèmes d’alimentation de secours. Ce n’est pas prouvé à grande échelle. Tant que nous n’aurons pas vu ces systèmes dans des véhicules de flotte ou dans des conducteurs quotidiens pendant des milliers d’heures, le débat sur la fiabilité restera théorique.

Le jury ne s’est toujours pas prononcé sur la durabilité à long terme des composants logés directement dans le passage de roue.

Pour l’instant, la technologie est impressionnante sur le papier. La délivrance du couple est instantanée. Le packaging est efficace. Mais il n’est pas prêt à affronter toutes les conditions routières, tous les climats ou toutes les zones de confort du conducteur. Les obstacles techniques sont importants. Les avantages sont alléchants.

Nous restons à surveiller les testeurs. En attendant les premiers rapports d’échecs réels. Ou la première grande réussite. Quelle que soit la première éventualité, la roue change.

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