Nissan consolide ses opérations de fabrication dans son usine phare au Royaume-Uni à Sunderland, fermant l’une de ses deux lignes de production dans le cadre d’une stratégie plus large visant à réduire les coûts et à rationaliser ses activités européennes. Cette décision s’accompagne de la suppression de 900 emplois à travers l’Europe, bien que Nissan ait confirmé qu’aucun poste ne sera perdu dans l’usine de Sunderland elle-même.
Cette décision marque un changement important pour le constructeur automobile japonais, qui peine à maintenir sa présence sur le marché européen face à la concurrence agressive des constructeurs chinois.
Consolidation à Sunderland
L’usine de Sunderland, seul site de fabrication de Nissan en Europe, produit actuellement la Leaf électrique, le Juke et le Qashqai. Dans le cadre du nouveau modèle opérationnel, les trois modèles seront fabriqués sur une seule ligne de production.
Pour compenser la perte de capacité de la ligne fermée, la ligne restante fonctionnera selon un horaire en trois équipes. La fermeture est prévue pour le second semestre. Même si Nissan a garanti la sécurité de l’emploi aux travailleurs de Sunderland, certains postes au sein de la division britannique pourraient être affectés dans le cadre de la suppression plus large de 900 postes à travers le continent.
“Toute réduction de capacité est une mauvaise nouvelle pour Nissan et une mauvaise nouvelle pour Sunderland”, a déclaré Andy Palmer, ancien cadre de Nissan, qui a débuté sa carrière dans l’usine.
Une baisse du volume de production
Cette consolidation reflète une baisse constante de la production à l’usine de Sunderland. Les chiffres de production ont considérablement chuté par rapport à leur sommet :
* Production maximale : Plus de 500 000 voitures par an.
* Production de l’année dernière : 273 174 voitures.
Cette tendance à la baisse souligne les défis auxquels Nissan est confronté pour maintenir une production à haut volume en Europe. Pour atténuer l’impact de la fermeture de la ligne, Nissan cherche activement à attirer un deuxième constructeur automobile pour reprendre la « Line One » libérée. Des rapports suggèrent que les constructeurs automobiles chinois Chery et Dongfeng sont des candidats potentiels pour le site. Nissan a déclaré que la location réussie de cette capacité contribuerait à préserver les emplois et à augmenter les niveaux de production globaux de l’usine.
La montée des concurrents chinois
La restructuration opérationnelle de Nissan est motivée par une pression intense du marché, notamment de la part des marques chinoises qui ont rapidement gagné du terrain en Europe. Sur le marché britannique, la part de Nissan s’est fortement contractée :
* 2016 : 5,6 % de part de marché.
* Quatre premiers mois de 2026 : 3,7 % de part de marché.
En revanche, les constructeurs chinois étendent leur présence. Selon les données de la Society of Motor Manufacturers and Traders (SMMT), Chery a conquis près de 5 % du marché britannique jusqu’en avril, grâce à la popularité de ses marques Jaecoo, Omoda et Chery. D’autres marques soutenues par la Chine ont également surperformé Nissan :
* MG : 4 % de part de marché.
* BYD : 3,45 % de part de marché.
Ce changement indique un changement fondamental dans les préférences des consommateurs et la dynamique concurrentielle, obligeant les anciens fabricants japonais à s’adapter rapidement ou à risquer une marginalisation accrue.
Réduction des coûts à l’échelle mondiale et changements stratégiques
Les changements apportés à Sunderland font partie d’un plan de redressement global dirigé par le PDG Ivan Espinosa, visant à rétablir la rentabilité après que Nissan ait annoncé une perte de 3,8 milliards de livres sterling au cours de l’exercice se terminant en mars 2025.
Pour parvenir à une « activité plus légère et plus résiliente », Nissan met en œuvre plusieurs mesures au-delà du Royaume-Uni :
* Fermetures d’usines : Sept usines de fabrication ont été fermées dans le monde.
* Optimisation logistique : Fermeture partielle de son entrepôt de pièces détachées à Barcelone.
* Ajustement du modèle de vente : Transition vers un modèle d’importateur dans les pays nordiques.
Ces efforts sont aggravés par des pressions extérieures, notamment une concurrence accrue en Chine et une augmentation des droits de douane sur les véhicules exportés vers les États-Unis.
Conclusion
La décision de Nissan de fermer une chaîne de production à Sunderland est une manœuvre défensive dans un paysage automobile en évolution rapide. En consolidant ses opérations et en recherchant de nouveaux partenaires de fabrication, l’entreprise vise à survivre à la pression exercée par ses concurrents chinois et aux vents contraires de l’économie mondiale. Même si les pertes d’emplois sont contenues dans l’usine britannique, la réduction plus large des effectifs et des capacités de production en Europe signale une période d’ajustement difficile pour la marque.
