Porsche est profondément dans le rouge. Et il ne semble pas que cela sortira de si tôt.
Le constructeur automobile allemand de luxe se préparerait à supprimer 5 000 postes supplémentaires. Ce n’est pas une nouvelle pour quiconque regarde le téléscripteur boursier. Cela s’ajoute aux 3 900 emplois déjà supprimés sous la direction de l’ancien PDG Oliver Blume. Aujourd’hui, avec Michael Leiters à la barre, le couperet retombe.
Mais voici le commerce. Une question sombre, peut-être, mais néanmoins claire. En échange de ces réductions, la main-d’œuvre restante bénéficie d’une sécurité d’emploi à toute épreuve jusqu’en 2035. Plus de licenciements opérationnels au cours des quinze prochaines années. Ils parient tout sur cette garantie jusqu’à ce que leur nouvelle vague de produits arrive sur le marché.
Plongée des ventes : pourquoi Porsche est en difficulté
Regardons les chiffres. Parce qu’ils ne mentent pas.
En 2023, Porsche a vendu 320 221 véhicules. C’était un record. L’année dernière? 279 449. Une baisse significative. Mais le véritable souci, c’est la trajectoire. Au premier semestre de cette année, la demande a chuté de 15 pour cent. Si cette tendance se maintient, 2026 sera probablement encore pire que 2025.
“Les choses vont probablement empirer avant de s’améliorer.”
L’entreprise est actuellement confrontée à une grave lacune en matière de produits. Le Macan à moteur à combustion, le modèle le plus vendu de la marque, arrête sa production ce mois-ci. Le successeur du Macan électrique n’arrivera qu’en 2028 au plus tôt. Cela représente un vide de trois ans dans leur moteur de volume.
Pendant ce temps, les bien-aimés 718 Boxster et Cayman ont été tués en octobre dernier. Leur retour, que ce soit avec des batteries ou des pistons, est retardé jusqu’en 2027. Les conducteurs restent dans l’attente. Les ventes sont en baisse.
Les 5 000 suppressions d’emplois : où vont-elles toucher ?
Selon le quotidien économique allemand Automobilwoche, le PDG Michael Leiters a présenté cette stratégie au conseil de surveillance au début du mois. La proposition : 5 000 licenciements supplémentaires.
Cela porte la réduction totale des effectifs à environ 9 000 emplois.
Pour mettre cela en perspective, Porsche comptait 42 615 employés début 2024. L’année dernière, ce nombre est tombé à 41 780. Le saignement continue. Certains rapports suggèrent même que des réductions de salaire pourraient accompagner ces réductions. Mais l’objectif principal est la simplification structurelle.
Quels départements sont confrontés aux plus fortes coupes ?
R&D. Il le faut. Leiters vise à éliminer la complexité. Porsche resserre ses liens avec Audi. Le but ? Accélérez le développement et partagez les coûts. Moins de chercheurs, moins de développeurs, mais une mise sur le marché plus rapide pour l’avenir électrique.
La société mère du groupe VW traverse sa propre agonie. Reuters rapporte des notes internes suggérant que Volkswagen envisage de doubler ses propres licenciements pour atteindre 100 000 personnes. Porsche n’est qu’une pièce d’un vaste puzzle de restructuration.
Les nouveaux modèles sauveront-ils Porsche ?
La stratégie s’appuie fortement sur les futurs produits. Porsche ne se contente pas de supprimer des voitures ; il remodèle sa gamme.
- Le retour à deux portes : La série 718 revient en 2027. L’électrique d’abord. Des moteurs thermiques ? Peut être. Le rapport suggère qu’ils ne peuvent pas arriver trop tôt, ce qui implique un changement radical vers l’électrification, même si les puristes retiennent leur souffle.
- Le SUV à trois rangées : Un développement est en cours pour un grand SUV qui pourrait être installé au-dessus du Cayenne. Cela cible le segment familial de luxe à haut volume qui manque actuellement à Porsche.
- Le rêve de l’Hypercar : Il y a encore des rumeurs concernant un successeur à la légendaire 918 Spyder. Pas un gros vendeur, mais une voiture halo. Indispensable pour l’image de marque, même si cela ne paie pas les factures.
Et qu’en est-il du crossover à essence mentionné dans la stratégie ? Oui, ils prévoient de conserver certaines options ICE (moteur à combustion interne) pour certains segments, probablement là où l’anxiété d’autonomie ou l’infrastructure de recharge limite encore l’adoption des véhicules électriques. Il s’agit d’une démarche pragmatique, quoique contradictoire.
Le problème chinois
On ne peut pas parler de l’avenir de Porsche sans parler de la Chine.
Les ventes y continuent de baisser. Les constructeurs automobiles chinois – des marques comme BYD et Nio – grignotent des parts de marché. Ils offrent une meilleure technologie, des prix plus bas et des cycles d’innovation plus rapides. Porsche, avec son ingénierie historique et son prix élevé, a du mal à rivaliser en termes de valeur.
Le segment du luxe en Chine est saturé. Les acheteurs ne recherchent plus seulement un badge. Ils recherchent des écosystèmes, une connectivité et un design qui reflètent leur statut sans le bagage du patrimoine du vieux monde.
Un pari sur 2035
Alors pourquoi accepter la suppression de 5 000 emplois supplémentaires ?
Parce que le bilan doit être réparé. Maintenant. Porsche utilise la douleur à court terme pour financer la transition. La sécurité de l’emploi jusqu’en 2035 est une carotte. Il dit aux employés restants : « Des temps difficiles maintenant. La stabilité plus tard. Si nos nouvelles voitures fonctionnent, nous survivons. »
C’est un pari. Une démarche risquée.
Le 718 n’existe plus. Le Macan est entouré d’une ombre électrique. La marque est prise entre son héritage et son avenir obligatoire. Leiters démonte l’entreprise pour la rendre plus légère, plus rapide et moins chère à construire.
Est-ce que ça marchera ? Peut être. Si les nouveaux véhicules électriques séduisent réellement les acheteurs qui ne veulent pas être des adopteurs précoces. Si la Chine ne s’effondre pas complètement face aux marques de luxe occidentales. Si la coopération d’Audi ne conduit pas à une générique sans âme.
Les réductions sont réelles. Les garanties d’emploi sont réelles. Mais le marché ? Le marché est impitoyable. Porsche attend 2027, 2028, 2030. Le reste d’entre nous attend juste de voir si les freins tiennent.






















